Les « planches » d’Éric Benqué

Bureau et Tabouret par Éric Banqué, 2008. Photo © André Morin.

Plus que quelques jours pour découvrir l’exposition « Planches » présentée à la galerie Emmanuel Perrotin, dévoilant le travail épuré, géométrique et minimaliste du designer Éric Benqué.

Quelques éléments en équilibre, des planches calées les unes par rapport aux autres, sans logique constructive évidente… La dernière série de meubles d’Éric Benqué a de quoi surprendre. Pourtant, à y regarder de plus près, l’instabilité perçue au premier abord révèle rapidement une certaine science de la construction, qui n’est pas sans rappeler quelques expériences constructivistes du début du XXe siècle, ou encore des pièces minimalistes des années 1980 (comme ceux de Donald Judd par exemple).

Spirale par Éric Banqué, 2008. Photo © André Morin.

Car si les constructions d’Éric Benqué ne proposent pas d’équilibres « évidents », c’est-à-dire, pour nos esprits cartésiens, basés sur une certaine orthogonalité des éléments entre eux, elles n’en dégagent pas moins une impression de stabilité, d’équilibre. « Ces meubles veulent simplement donner à lire le jeu des forces physiques en présence : celles-ci se répondent pour former des constructions stables, calmes, sans tension » précise d’ailleurs le designer, qui affirme avoir cherché à réaliser « une proposition de réponse dans le minimum matériel ».

Bibliothèque par Éric Banqué, 2008. Photo © André Morin.

Mais le travail d’Éric Benqué n’est pas seulement minimaliste au sens « tendance » du terme. Chez lui, pas de design faussement « zen » ou de rigueur de façade : l’économie réside dans la précision avec laquelle il positionne, assemble les différents éléments les uns par rapport aux autres. Ici, un vide interstitiel entre deux planches fera naître un espace de rangement. Là, l’agencement de tel et tel élément confirmera à l’utilisateur que ce meuble peut s’utiliser dans plusieurs sens.

Chaise longue par Éric Banqué, 2008. Photo © André Morin.

Avec beaucoup de savoir-faire, Éric Benqué dessine donc des objets à la fausse simplicité, se jouant des biais, créant de nouveaux équilibres, afin de réduire l’utilisation de matières, mais aussi de pousser l’usager à interpréter, donc s’approprier, ces réalisations.

Au niveau technique, cette série a été réalisée en lamellé-collé de bambou, un matériau composite réalisé spécifiquement pour l’occasion. Toutes les planches sont en fil travers, c’est-à-dire que le fil du bois fil est systématiquement dans la diagonale des panneaux. La partie souple de l’assise est en drap de laine armé coton.

Exposition réalisée en collaboration avec l’éditeur Domeau & Pérès.

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