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Le collectif de design Dito présente, jusqu’au 9 janvier prochain, sa réflexion concernant l’aménagement d’un appartement type de la Cité Radieuse Le Corbusier de Briey-en-forêt. Initiant un dialogue inédit avec l’architecture du maître, le projet propose une relecture complète d’un des appartements et pose, en filigrane, la question des modalités d’un dialogue entre deux disciplines différentes – design/architecture – et aussi entre deux époques différentes. A découvrir absolument !

Vue d’ensemble de la Cité Radieuse Le Corbusier de Briey-en-forêt

Invités par Vincent Dietsch et Steven Vitale de l’association Première rue, Dito a mené une réflexion in situ. Installés sur place pendant plusieurs jours, visitant les appartements toujours occupés et observant la manière dont les habitants les vivaient au quotidien, les membres du collectif ont investi le bâtiment le temps d’un workshop de trois jours. Cette prise de relation intime avec le lieu leur a permis d’analyser son potentiel, sa perception, ses « lignes de force », ses pratiques…

Fidèle à sa dimension collégiale, Dito a ensuite mélangé les points de vue, et élaboré différentes hypothèses d’occupation. Le résultat : un ensemble de dessins présentant différents objets à vocation « spatiale » – c’est-à-dire définissant des zones d’usages, affichés dans un appartement type de la Cité Radieuse. Pour faciliter la « projection » du spectateur, sont également figurées au sol et sur les murs des lignes colorées marquant la volumétrie des différents aménagements proposés en dessin.

Mais laissons le collectif nous présenter une visite de l’appartement tel qu’ils l’ont imaginé :

« Au rez-de-chaussée et à l’entrée de l’appartement se situe la cuisine dans laquelle se trouve une très longue table avec, à une de ses extrémités, un plan de préparation. Un module indépendant de cuisson et d’évier est placé à proximité.
À l’étage, du côté sud, se trouve un espace de rencontre créé par une couverture épaisse et moelleuse qui traverse la pièce d’un mur à l’autre, passant au-dessus et au-dessous de volumes rigides créant ainsi des assises et des plateaux. »

© Dito

« Au centre, encastrée entre les deux gaines techniques, la salle de bain laisse un large passage et une vue traversante. On pénètre à l’intérieur en modifiant sa volumétrie par des systèmes de coulisse. Ce changement de volume et sa paroi faite de trames vient perturber l’espace rectiligne. »

La salle de bains © Dito

« En vis-à-vis, une large enveloppe murale en feutre se déploie dans l’espace pour définir provisoirement un lieu de travail isolé. Un peu partout dans l’appartement sont suspendus au plafond des modules de rangement. Ils exploitent le peu de hauteur sous-plafond en étant accessibles et en laissant la possibilité de passer en dessous. »

Le grenier (contenant et lumière) © Dito

« Et enfin, au centre de la pièce côté nord, se trouve le lit composé de plusieurs volumes imbriqués. Ces volumes dessinent à différentes hauteurs des plates-formes qui deviennent lit, assise, dossier, séparateur… »

Le lit adulte © Dito

Plus audacieux qu’une précédente expérience (Peut-on remeubler la villa Savoye ?), qui avait consisté à introduire dans un bâtiment uns sélection d’objets déjà produits, la démarche initiée ici interroge non seulement la capacité de l’architecture de Le Corbusier à accueillir des éléments exogènes (ce dont on la sait capable depuis les enquêtes de Philippe Boudon à Pessac dans les années 1960), mais également la possibilité pour de jeunes designers d’intervenir dans de tels lieux définis, typiques et mais aussi caractéristiques d’une époque et d’idéaux de vie particuliers (vue sur la nature, importance donnée aux circulations…).

La proposition de Dito, humble, collective, par essence et par volonté partielle, donne quelques éléments de réponse.

Le collectif DITO est composé de 12 jeunes designers (Ionna Vautrin, Eric Blondin, Guilaume Delvigne, Henry Gagnaire, Michaël Radix, Pierre-François Brichet, Joachim Jirou-Najou, Juliette Liberman, Marion Biais-Sauvêtre, Fabien Leligois, Arnaud Sabatier, Caroine Ziegler) animés par le désir de produire ensemble une force de proposition créative rompant avec les usages courants et individuels dans la conception du design. Leurs réflexions s’orientent vers la théorie, l’expérimentation et la pratique. Ils sont lauréat 2007 de la Bourse Agora délivrée par le Ministère de la Culture pour leur projet « Ensemble d’objets et de meubles issus d’une réflexion collective ».

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