Che Fare

A l’occasion de l’exposition « Che fare » (Que faire), organisée à partir de demain dans les murs de la galerie Alain Gutharck, mettant en avant les réflexions croisées des designers Enzo Mari et Gabriele Pezzini, vous trouverez ci-dessous deux excellents textes des ces deux auteurs, que nous avons été autorisés à reproduire. Un regard critique, éclairé et lucide sur l’état du design contemporain, à découvrir absolument.

—–

Cette petite exposition est née du désir de confronter le travail de deux « autori » qui se sont formés à des époques très différentes et s’accordent cependant sur bien des aspects de leur pratique du design.

A son origine, le design a été pensé et réalisé par une dizaine d’auteurs (architectes, artistes, industriels) dans les années 1930 en Allemagne, et à peu près autant en Italie dans les années 1950. Tous étaient imprégnés de l’utopie socialiste et de la culture humaniste, tout comme le public qui comprenait et appréciait leurs œuvres. Ensemble, ils formaient une petite avant-garde qui, horrifiée par l’art pompier*, poursuivait l’utopie du travail comme transformation de l’homme.

Ainsi, tout design entendait être porteur de l’idée de standard (du français étendard) comme allégorie des valeurs d’une société qui restait à transformer. Et l’on pensait naïvement que l’honnête intelligence d’un produit pouvait avoir une influence positive sur les besoins, donc sur le marché. Cette ligne utopiste était en harmonie avec le climat de reconstruction, matérielle et idéologique, de l’après-guerre qui touchait tous les Européens. Dès la moitié des années 1960 pourtant commençaient à apparaître les signes d’une société corrompue par la faiblesse de la pensée et rendue obtuse par l’ »exploitation globale » du règne de la marchandise. Dans les années 1970, cette poétique devient incompréhensible.

Tous ceux qui aujourd’hui encore sont proches de l’essence du design sont conscients  de la dégradation inexorable de ce qui est produit. Toutefois aucune critique objective n’émerge, même dans les univers non directement marchands comme les musées, les essais critiques, les expositions ambitieuses.

La cause en est à la fois la prolifération excessive d’un maniérisme radical ou traditionnel, pollué par des prescriptions individuelles inconscientes, ou par le cynisme. On continue à produire des objets et nommer cela « design », quand on devrait parler plutôt d’ »art pompier » ou, plus généreusement, d’ »art décoratif ». Les objets produits n’ont pas besoin d’être, mais seulement de paraître correspondre à l’infinité des besoins induits, comme l’impose le règne de la marchandise.

Le design implique la présence de trois entités : l’auteur, l’industriel, le public. Mais où sont-ils aujourd’hui, Mart Stam et Achille Castiglioni ? Où sont Adriano Olivetti et Bruno Danese ? Et les gens ? Pour la plupart, ils regardent les émissions de télé-réalité.

On peut me reprocher de parler de choses évidentes, déjà décrites par d’autres, et même mieux. Me dire que je devrais me contenter de faire mon travail de designer…. mais c’est presque impossible aujourd’hui, si je me refuse à produire de l’ »art pompier ». Disons que pour chaque type d’objet (chaise, lampe ou autre), je connais à peu près un million de « designs » qui ont déjà été faits. Chacun de ces « designs » devait être, ou devait paraître, différent. Ce qui a impliqué des approches de projet différentes (« chic », « radicale », « contestataire », pour l’intérieur, pour l’extérieur, pour le bureau, pour la maison, économique ou de luxe, etc.).

Chacune de ces approches a été réalisée suivant différentes technologies : fer, plastique de type A, B, C, D, E, F, etc., bois, stratifié, bambou, etc., par forgeage, emboutissage, moulage, etc., aluminium, carbone titane, etc…. Je m’arrête là. Chacun de ces choix n’a été opéré que pour obtenir une apparence différente…. Cette obsession explique, sans rhétorique aucune autour des poétiques, le pourquoi de l’art pompier ou art décoratif. Certains de ces produits semblent à peu près décents, mais ils ne sont que la répétition maniériste de projets préexistants…

On me demande souvent de faire un nouveau projet. Mais pour qu’il soit nouveau, comment puis-je le faire ? Pour chaque approche et par rapport à chaque technique, je connais des milliers d’objets préexistants. C’est impossible ! Chaque fois qu’on me demande de faire un projet nouveau, je réponds que j’accepte à condition de ne pas être rétribué par un improbable droit d’auteur de 1 % sur le prix de vente au public (en Italie) mais payé tant de l’heure, comme n’importe quel technicien ou consultant. J’ai toujours essuyé un refus. J’ai proposé plusieurs fois de consacrer 10 % de la somme qu’une entreprise investit chaque année dans ses propres et absurdes expérimentations, pour financer un projet stratégique qui implique un temps de réalisation décent et non pas limité à quelques semaines. Cela m’a toujours été refusé. J’ai proposé plusieurs fois…. Je m’arrête là. Autrement dit, on fait appel à moi pour mes compétences, mais je ne peux travailler que si je renonce à ces compétences…

Un tel vide ne concerne-t-il que ma personne ? Que font les millions d’autres « designers », des jeunes, pour la plupart, que les écoles ont diplômés (et elles ne cessent de continuer à le faire) selon les mêmes modalités industrielles de production de marchandises ? Tous, même confusément, pensaient choisir un travail non aliéné, mais la majeure partie d’entre eux ne trouve aucun emploi…. Certains pensent que l’ »art pompier » est l’avant-garde d’une nouvelle culture…. D’autres, au contraire, rêvent d’une transformation possible, en travaillant sur une simplicité essentielle, mais tout a déjà été « progettare » et les amateurs de télé-réalité n’aiment pas la simplicité.

Gabriele Pezzini est imprégné lui aussi de l’idée du « standard » (une idée qui n’est plus à la mode aujourd’hui) et il est déterminé à travailler dans cette direction. Dans les conversations que nous avons, nous nous accordons sur le fait qu’un produit naît du dialogue entre un « designer » et un industriel. Le « designer » est responsable de la forme, et la qualité de celle-ci émerge toujours à partir d’un projet global, ce qui, particulièrement aujourd’hui, correspond à l’Utopie…. L’industriel est responsable non seulement des aspects économiques de la réalisation d’un produit, mais aussi de la façon de l’imposer dans un marché où la compétition est féroce. Un bon produit peut être réalisé quand un industriel, concrètement et efficacement, reprend à son compte 20 % d’Utopie. Gabriele Pezzini le sait aussi, c’est très rarement le cas…. Mais nous sommes arrivés à un tel point de dégradation qu’un changement, au moins comportemental, pourrait sembler possible.

* En français dans le texte

Enzo Mari, août 2009

—–

Enzo Mari enseignait la conception de projets durant les années où je fréquentais l’ISIA de Florence, mais il n’était pas mon professeur, et c’est seulement en cachette, en faisant l’impasse sur d’autres cours, que j’ai réussi à suivre quelques-unes de ses leçons. Nous avons fait personnellement connaissance en 2006 , comme membres d’un même jury dans un concours de jeunes designers, et face au néant que nous constations, nous nous posions le même problème : que faire ? Nous nous sommes quittés avec la promesse d’essayer de faire quelque chose.

Ce qui nous a rapprochés, c’est sans doute la détermination pour défendre coûte que coûte les principes qui nous animent. La radicalité de la conception du projet nous est commune, mais elle se structure dans nos deux cas sur des bases profondément différentes. Enzo Mari, auquel bien peu peuvent être comparés, est celui qui a défini exactement le périmètre de ce que nous appelons aujourd’hui le design. Un terme abusivement employé de nos jours et qui sert à justifier les maniérismes de toutes sortes. Dès le début, il a été un autodidacte cohérent et radical dans sa vision. Et moi, un designer de la nouvelle génération, celle qui a la malchance comme dit Enzo Mari « d’avoir fait une école de design ». A ma façon, je me suis formé de manière autonome, hors du cursus universitaire, en essayant de comprendre comment un projet était juste à travers les expériences les plus diverses, une position qui m’a poussé à devenir radical par défaut.

Dans cette petite exposition, le parallèle va au-delà des produits exposés qui, certes nous représentent, mais sont prétexte à comparer deux générations qui partagent la même vision et qui aujourd’hui se retrouvent pour débattre d’une même problématique. Le titre de l’exposition, Que faire, pose clairement une question, mais c’est une question sans point d’interrogation. Parce que nous savons peut-être déjà qu’il n’y a pas de réponse. L’incertitude totale sur le devenir du projet et sur la dérive de la société, sur le futur de nombreux jeunes gens qui aujourd’hui se mesurent à cette profession/passion, est désormais une évidence qui ne peut plus être cachée.

Gabriele Pezzini, septembre 2009

Publicités

31 Réponses to “Che Fare”

  1. Tweets that mention Che Fare « La Revue du Design -- Topsy.com Says:

    […] This post was mentioned on Twitter by Laurent DEMONTIERS, Intramuros Magazine. Intramuros Magazine said: Che Fare _ https://revuedesign.wordpress.com/2010/01/08/che-fare-enzo-mari-gabriele-pezzini/ […]

  2. Prof Z Says:

    écoutez France Culture
    http://web1.radio-france.fr/chaines/france-culture2/emissions/rendez_vous/fiche.php?diffusion_id=79964

  3. Prof Z Says:

    … en 2006, déjà le designer Dominique Mathieu se mettait en grève…
    http://www.levidepoches.fr/creation/2006/06/designer_active.html

  4. Prof Z Says:

    Encore en 2006 , Alexander Taylor: designers are poor dans ICON
    http://www.iconeye.com/index.php?option=com_content&view=article&id=2517:designers-are-poor–icon-034–april-2006

  5. Prof Z Says:

    Traduction Google: les designers sont pauvres
    «Je ne gagne rien. Mon profit l’an dernier était de cinq livres. «Ce sont les paroles du grand designer Patrik Fredrikson. Il n’est pas seul.

    «J’essaie de me payer 1000 livres par mois, mais mon prêt hypothécaire est de £ 800 et le reste paie ma facture de téléphone mobile », explique Alexander Taylor, 30. «C’est que serré, littéralement.

    Taylor et Fredrikson sont établis les designers qui gèrent attribution des pratiques gagnantes: Taylor a conçu beaucoup d’une publication pièces, y compris la patère bois et la lampe Fold, tout en Fredrikson, 37 ans, a été nommé jeune designer suédois de l’année en 1998, et a remporté cette année une £ 10,000 attribution de la subvention pour la Colombie-donnant organisation de la Fondation des Arts pour son travail très conceptuel.

    Le fait que ces deux designers travaillent pour presque pas d’argent est un état normal des affaires dans l’industrie du meuble. Designers au début de leur carrière – même ceux dont les profils de supports élevés et des produits primés pour de grands constructeurs derrière eux – se sentent obligés d’accepter des contrats qui mai jamais leur verser un centime. Les fabricants sont exploiter de façon efficace à la fois leur inexpérience et leur désir d’obtenir des pièces en production.

    Shelley Warren, directeur de la Fondation des arts, dit que le revenu moyen des concepteurs qui demandent des bourses est de £ 10,000 – £ 15,000 par an.

    « On aurait pu espérer que les designers soient mieux lotis, mais leurs gains sont comparables à des artistes bien», explique Warren. «Je crois que c’est la responsabilité de l’industrie [de soutenir de jeunes designers]. Mais il ya un réel décalage – il n’y a pas beaucoup de soutien.  »

    Le problème réside dans les offres des fabricants de licences offrent aux concepteurs des jeunes, qui paient généralement des redevances dérisoires, n’offrent guère de paiement initial et viennent avec aucune garantie que le design ne sera jamais construit. Parfois, les fabricants se contenter de la conception jusqu’à expiration de la licence – qui peut aller jusqu’à sept ans.

    «Le titulaire est une grande entreprise d’exploiter une petite», dit l’industrie à concevoir avocat Margaret Briffa. « Quatre-vingt dix pour cent des contrats que nous voyons sont unsignable parce qu’ils sont tout simplement pas équitable. Les changements doivent se produire.  »

    Un contrat typique avec un fabricant de meubles majeur sera un arrangement de redevance ne payant seulement 2-5% du prix d’usine – le plus souvent autour d’un quart du prix de détail. Ainsi, une lumière qui vend pour £ 100 mai gagnent le concepteur juste 50p pour chaque unité vendue.

    « C’est un abus », explique Luc Pearson de designer industriel Pearson Lloyd. « Si vous êtes sur une redevance de 2,5 pour cent du coût d’usine, vous allez avoir à vendre un lot de mobilier de ne pas faire arachides.

    Designers signe régulièrement des accords de licence où aucune campagne de production minimum n’est prévu, ce qui signifie que les entreprises retirent effectivement le produit, et utiliser le nom du designer, gratuitement. « Cela pourrait être une affaire complètement sans valeur pour le concepteur », explique Briffa.

    « Les jeunes designers sont souvent invités à envoyer des esquisses d’idées pour libre», ajoute Pearson, dont la compagnie rarement des signes de redevances traite uniquement. «Ils ne se rendent pas [le fabricant] a également demandé à dix autres concepteurs de faire la même chose ».

    Bien qu’il existe des exemples connus de traite sans scrupules étant faite, pour la plupart des cas il s’agit simplement les termes des contrats types que les concepteurs de la force à exister pendant des années sur les salaires de subsistance pendant qu’ils essaient d’établir leurs bureaux.

    «Beaucoup de designers ne fera pas beaucoup d’argent», explique Thorsten van Elten, qui dirige une petite entreprise de fabrication de meubles à Londres. Il fait valoir que les premières années d’une carrière est de bâtir un profil qui sera bénéfique pour le concepteur dans le long terme. « Votre nom est votre atout le plus important», dit-il.

    D’autres fabricants défendre le système de redevances uniquement. «Comme toutes les autres sociétés, nous avons des accords de redevances uniquement », explique Caspar Vissers, qui a co-fondé néerlandaise Moooi Le fabricant de meubles avec le designer Marcel Wanders. « Il ya des jeunes designers qui font de l’argent énorme de ce point – comme la lumière Random par Bertjan Pot et la couleur claire [par Jurgen Bey] ». Vissers dit que les redevances provenant de ces produits seuls gagnent leurs concepteurs un revenu annuel raisonnable.

    Le coût et le risque de développer de nouveaux produits justifie la redevance ne arrangement, Vissers dit. « Il ya un risque pour Moooi, si nous ne disons pas que nous allons payer un montant minimal. Nous avons juste besoin d’un designer est un sketch – alors nous avons des équipes de développement de produits. C’est seulement l’idée qu’ils donnent à Moooi. Il ya beaucoup de marques de designers qui s’attendent à donner aux produits entièrement développés, mais nous choisissons les produits à un stade très précoce ».

    Mais Pearson n’est pas d’accord que les fabricants prennent leur part de risque. «Si vous êtes un entrepreneur individuel, vous pouvez passer trois mois [de travail sur un design] – et que tu travailles pour rien. Je pense que c’est complètement faux.  »

    Basée à Londres, designer de meubles Taylor a développé sa lampe Plier de manière indépendante avant la conception a été homologué par la marque de nouveaux meubles, la Colombie-Established & Sons. Il attend toujours son chèque de redevances en premier. «Cette fois, l’année dernière, je pensais que la redevance des lampes et de l’E & Y président commencerait à venir à travers, et je pourrais commencer à songer à payer moi-même un autre 100-200 £ par mois. »

    Established & Sons a également «généralement redevance« fondée sur des accords, qui varient selon le concepteur en cause. Réalisateur Mark Noble dit: «Souvent, une période intense et coûteux de développement est nécessaire avant que le produit atteint les magasins, et c’est notre engagement envers le produit et le concepteur. Nous avons un système de paiement en place qui reflète cela, c’est juste pour les deux parties et, inévitablement lucratif pour nos designers.  »

    Taylor soutient que les redevances seront une source de revenus réalistes pour lui dans l’avenir. «Je crois tout à fait vous pouvez faire un vivant hors royalties. Vous avez juste besoin d’un produit tueur. Une lampe décent pour Flos et vous êtes très heureux.  »

    Conseils Briffa est de ne pas avoir peur de la négociation. «C’est comme toute autre pièce de la propriété intellectuelle – vous pouvez décider de le céder, concéder une licence, le vendre. Mais quand les gens négocient un traité ne obtenir un meilleur résultat. « Et elle ajoute, être clair sur ce que vous essayez de sortir de l’accord. «Même si vous avez trouvé un taux vraiment minable la royauté et l’affaire est grave, tu veux quelque chose pour votre portefeuille », dit-elle.

    Van Elten conseille d’être prudent, cependant. «Il faut être prudent pour qui vous travaillez avec, dit-il. «C’est comme tout dans la vie – si vous faites affaire avec les mauvaises personnes vous aurez vissé plus. Les designers ont besoin d’apprendre cela. « 

  6. La Revue du Design Says:

    @ Prof Z,
    Merci beaucoup pour vos deux liens du 10 janvier.
    Je ne connaissais pas ces 2 textes et celui de Dominique Mathieu, en particulier, est assez symptomatique d’une situation contemporaine que rencontrent bon nombre de « jeunes » designers, même talentueux!
    A lire donc…
    AC

  7. Prof Z Says:

    D’un autre côté le deplacement de l’industrie française vers le Chine ou l’Europe de l’Est et des services dont le design vers l »inde sans parler du tandem Singapour Malaisie etc , pose aussi des pb aux designers industriels français…
    Il y a toujours cependant une ouverture possible mais il faut adapater la formation et ajuster le nombre de diplômés….
    http://www.usinenouvelle.com/article/le-design-europeen-seduit-les-industriels-chinois.N63434

  8. Janus Milo Says:

    J’aime bien France Culture depuis que c’est en couleur…………..

  9. Prof Z Says:

    je trouve que FC c’est souvent fumeux et allucinant…………..et même hallucinogène , je suis devenu addict….mais c’est très dangereux en voiture, la police devrait contrôler quand les gens écoutent France culture…
    C’est pour entendre la voix du maestro Enzo Mari et ….Gabriele Pezzini car souvent quelqu’un peut être illisible et audible…Par exemple j’ai du mal à lire certains expert en design comme Jean Louis Frechin de l’Ensci ou Bernard Stiegler du Centre Pompidou.. . en audio ou video, c’est souvent plus clair

  10. Prof Z Says:

    France VS chine ou France + chine, les 2 mon capitaine… de stratégie
    http://www.lepetitjournal.com/content/view/50641/2630/

  11. Marc Says:

    La vision d’Enzo Mari, qui peut par certains aspects paraître un peu « démoralisante » pour celui qui espère faire du design son métier, est cependant édifiante de lucidité, et elle devrait presque être enseignée en tant que telle en école.
    Son approche de l’idée de « standard », en particulier, est à retenir (et à rapprocher de celle de Jasper Morrison qui a déjà été commentée sur ce site): en effet, on peut imaginer que cette notion – critiquée à tort par les postmodernes – contienne en elle-même une certaine critique du design « spectacle » et appelle à une réflexion réelle à mener avant de créer un objet nouveau.

  12. Prof Z Says:

    .. et que dire de la double vision starckienne qui allie un discours « Design is dead »“démoralisante” et une pratique du design et de la communication “spectacle” et d’occupation de la plupart des canaux de communication, de production et de distribution

  13. Prof Z Says:

    Interview telerama :Le design vous semble inutile ?
    PS « Il a pu être amusant, comme un nouveau petit confort sociétal, il y a vingt ans. Dans une période de « civilisation civilisée », comme on a pu l’entrevoir alors, pourquoi ne pas s’intéresser à une lampe ? Mais là, aujourd’hui, face aux urgences… Chaque métier a son moment, et chaque moment a son métier. Aux jeunes qui veulent être designers, je dis que ce n’est pas le moment. Aujourd’hui, il faut partir au combat. Et s’ils travaillent bien, dans quinze-vingt ans, on pourra se réintéresser au design… »

  14. La Revue du Design Says:

    Je vous recommande à ce sujet le texte « Le design de l’attention, le cas de l’éolienne de Starck », rédigé par Clément Gault sur son blog, et que j’ai découvert hier http://www.designetrecherche.org/?p=557

  15. Prof Z Says:

    Merci Alexandre,
    Clement Gault n’est pas assez starkien comme Nicolas Minveille ou Minvielle, je ne sais jamais qui a critiqué le livre Starck ou la statégie de la notoriété…. Je pense que cette article, qui me fait plutôt penser à un billet d’humeur, peut être un lanceur de conversation pour sarckiens, anti starckiens, pro starckien, ante starckiens, post starckiens, fils de starck….un « conversation starter » dans un sujet de la Revue du Design….
    PS: il n’est pas un mois sans que je lise dans mes mails un jeune du bout du monde qui m’écrit: je suis le futur Starck, je suis le futur Karim Rashid….
    ou aidez moi à devenir star du design…

  16. Prof Z Says:

    voila le texte de Nicolas Minvielle du blog stratégie et design….
    Mon rêve: un débat entre Nicolas Minvielle de stratégie et design et Clement Gault de recherche et design dans la revue du design mais il faut ouvrir un sujet dédié à cela….Je suis toujours à la recherche de la stratégie des designers du futur…ce qui me ramène au colloque du VIA

    http://www.design-blog.info/index.php?post/2008/01/07/Le-cas-Philippe-Starck-ou-de-la-construction-de-la-notoriete

  17. Prof Z Says:

    Chaque designer connu a forcément une stratégie de communication et une stratégie de notoriété pour lui-même, pour ses projets, pour ses produits, pour son studio, pour les sociétés qu’il influence,qu’il contrôle ou qu’il souhaite avoir dans sa liste de clients… Elle est indispensable à toute entreprise face à ses marchés.
    Clément met de côté le projet, le dessein,le produit et les admirateurs( la tribu starckienne), les distributeurs, les consommateurs… comme s’il s’agissait d' »air designers », de mythomanes, de raconteurs d’histoires qui ne vendent rien, qui ne font que du vent… Or les produits existent, sont des icones, des best sellers du design… et Clément ne souligne que quelques echecs. Alberto Alessi, un as du design management, qui a soutenu Starck contre son management et sa famille considère que l’échec fait partie de la vie normale d’une entreprise.
    Il est vrai que les produits sont souvent l’oeuvre d’un studio et d’un maître d’oeuvre plus ou moins impliqué…souvent d’un duo ou d’une troïka… Peter Zec, Directeur du Red dot en sait quelque chose.

    http://www.design-blog.info/index.php?post/2009/07/20/Emotionnal-design

  18. Prof Z Says:

    un site pedagogique ou comment un beautiful fiasco selon Alessi devient iconique
    http://designmuseum.org/discoverdesign/obj01.html

  19. Prof Z Says:

    « Pour parvenir à créer en grande série, il faut acquérir une notoriété avec des pièces revendicatrices » Cedric Ragot

  20. Prof Z Says:

    massaud explique en video sa strategie du projet et celle de la notoriété
    http://www.aufeminin.com/designers-deco/designer-maison-et-objet-d5927x28760.html

  21. Prof Z Says:

    Clément Gault , doctorant en design a construit habilement le titre de sa contribution “Le design de l’attention, le cas de l’éolienne de Starck” en se basant sur celui du livre d’un docteur en communication « Le cas Philippe Starck ou de la construction de la notoriété », livre dont Nicolas Minveille a montré les limites (il a collaboré avec PS pendant 7 ans en temps que responsables des marques ).On a:
    le design de l’attention Vs la construction de la notoriété.
    Il a eu une autre habileté d’inventer “Le design de l’attention »( pas d’autres occurences sur Google) sans le replacer dans son contexte qui est « l’économie de l’attention. »
    Est ce une et une de cas? Non. Philippe Starck est il un cas ? oui
    Est un modèle ou un systeme? la question reste posée
    Philippe Starck ou la plupart des designers independants sont dans ce contexte de la nouvelle économie de l’attention ( voir la video de Massaud par exemple qui un designer très connu et influent ou la citation de Cedric Ragot qui lui n’est pas au même niveau de notoriété et d’influence).
    Le maestro Enzo Mari porte le même nom qu’une chaise de Starck, la Marie qui n’a pas eu le succès escompté mais qui est une première en design. Cette chaise transparente a été suivi par une chaise à médaillon qui est la plus grosse vente de chaise de ces dernières années. Pourquoi ? Il a dépassé les limites étroites du marché du design en le reliant à l’histoire du meuble de style…C’est ausi en partie la raison du succès de Marcel Wanders , un autre star designer. PS a voulu dupliquer ce succès et faire un coup de pocker avec la transparence d’une éolienne, une ecologie belle comme une chaise Kartell…en sous estimant comme avec sa Hot Berta d’Alessi, la complexité du design industriel et de ses contraintes. Il dira sans doute comme pour la Louis Ghost , « C’est une faiblesse »,…. Philippe STARck reconnaît ses faiblesses, paradoxalement c’est sa force….

  22. Prof Z Says:

    che fare: beaucoup plus d’exemples ds le design pour construire le futur dans lequel nous voulons vivre

    http://www.internetactu.net/2009/03/05/le-design-pour-construire-le-futur-dans-lequel-nous-voulons-vivre/

  23. yves Says:

    @ Prof Z, sur les premiers commentaires: Le rapport de 1 à 4 entre le prix usine et le prix final, dévalorise complètement le travail de conception et de fabrication (sans doute 1 à 10 pour les produit chinois). C’est pourtant essentiellement la qualité, de conception, de réalisation, des materiaux, qui est mise en avant pour justifier un prix élevé. Je pense que le designer devrait travailler gratuitement… et être payé en pourboires par le client final, via son site internet, comme pour ce resto londonien ou les clients règlent ce qu’ils veulent, le juste prix selon eux. A prendre sur le ton de l’ironie… quoi que.

  24. Prof Z Says:

    Merci yves pour cette contribution. Je regrette que ton pseudo prénom ne me permet pas de t’intégrer dans une alerte google comme je l’ai fait d’autres contributeurs des blogs design ( ex Maurice est devenu Maupado) et dans des mots clefs de recherches sur google.
    Il y a d’autres options économique dont celles de Bernard Stiegler sur l’économie de contribution que l’on peut rapprocher du fixe d’Enzo Mari…
    Telerama: Cette économie de la contribution peut-elle durablement fonctionner si la contribution n’est pas rémunérée, fût-elle produite avec la passion de l’amateur ?
    Bernard Stiegler Je soutiens une vieille idée défendue par le plus libéral des libéraux, Milton Friedman : le revenu minimum d’existence. Idée qui a été relancée par André Gorz et que promeuvent en ce moment Olivier Aubert, Maurizio Lazzarato et Yann Moulier-Boutang. Ils prennent l’exemple de l’abeille, qui produit du miel, mais dont la valeur tient bien plus à sa fonction de pollinisation, qui permet la reproduction des végétaux, la nourriture des animaux et notre propre survie… Aujourd’hui, de plus en plus de contributeurs créent une valeur qui ne s’évalue pas sur le marché mais permet aux autres activités économiques de se développer. Cette « pollinisation » doit être rémunérée et mutualisée. Einstein aurait dit que l’humanité mourra d’avoir détruit les abeilles.
    Devenons collectivement plus intelligents pour ne pas en arriver là.

  25. yves Says:

    Ce texte résume magnifiquement la situation, c’est du story telling de haut vol! J’adore l’image de l’abeille et la notion d’écologie qu’elle suggère. Merci à LRD et Prof Z de nous faire découvrir le design de cette façon, + les brillants commentaires de Maupado et Janus Milo dont j’apprecie le style et l’humour.

  26. yves Says:

    @ Prof Z, pour le pseudo j’ai pensé: Candyves

  27. Prof Z Says:

    Candyves, c’est parfait ( 10 occurences)je vais pouvoir te rajouter à la courte liste des contributeurs du design . Ce nouveau pseudo permet de faire des recherches de tes contributions mais aussi de mettre en place des alertes google sur ce pseudo…
    Pour lire , ecouter, voir Bernard Stiegler (Dir de recherche au Centre Pompidou) , il suffit d’aller sur le site de l’association qu’il dirige Ars industrialis .Je ne suis pas membre mais il donne les clefs du contexte psycho socio economico culturel dans lequel le design évolue …

    Comme je suis un provocateur … d’idées et d’actions voici un article suisse qui fait le point sur la gestion de carrières des étudiants designers en suisse et dans les pays anglo saxons…Quid de la France?
    http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=444709

  28. Prof Z Says:

    yves = yves hilgenberg ?

  29. candyves Says:

    L’équation est exacte, une autre: candyves = naïf et rêveur

  30. Prof Z Says:

    Catherine Geel dans un édito du dernier numéro la revue Archizoom
     » Mais de quoi a peur Philippe Starck? » précise « qu’il a beaucoup fait pour le design en mots, en produits, encore plus, en accessibilité, et beaucoup défait le design, le déconstruisant en une phrase ce qu’il a bati dans la précédente, tant il est fin connaisseur de sa discipline et de son histoire ».
    Si certaines phrases chocs attirent l’attention des journalistes et font les gros titres, beaucoup de phrases demandent l’attention profonde, la « deep attention » que l’économie de l’attention ne recherche pas .
    Ailleurs, en parcourant un livre sur les 5, 5 designers, le quatuor, 5 déclatent avoir été influencés par une phrase de Starck: « le design c’est des cadeaux de Noël  » Voir cette video pour trouver pour quel produit:

    En tournant les pages de son catalogue produits, j’ai constaté que Starck a beaucoup dessiné de produits qui ont une forte valeur de réassurance. Ce sont ces valeurs qui rassurent dans un monde inquiétant qu’il a voulu transférer le sa chaise transparente Louis XVI vers une éolienne transparente Made in France
    Donc en conclusion: un design qui rassure avec un discours qui attire l’attention du public et qui reclame pour certains l’attention profonde …

  31. Prof Z Says:

    La prochaine conférence publique de l’IFM aura lieu le mercredi 20 janvier de 18h à 20h. Catherine Geel viendra parler de la signification profonde du design. Le design est aujourd’hui assigné à la créativité plutôt qu’à la réflexion et à la création. Historiquement, c’est pourtant d’une pratique modelée par des activités réflexives et profondément ancrée dans la structuration d’un rapport au « monde tel qu’il pourrait être » qu’il s’agit. Quel rôle revient alors au designer ? Comment le designer, en irriguant la fabrication d’un monde de la consommation aujourd’hui problématique, peut-il encore prétendre participer à la fondation d’un monde meilleur pour tous ?

    Catherine Geel est chargée des cours d’histoire et de théorie du design à l’Ecole normale supérieure de Cachan et commissaire associée à la Villa Noailles, en charge des expositions de design. Productrice d’entretiens avec des designers sur France Culture depuis 2002, elle est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Entretien avec Pierre Paulin (Paris, 2008, éditions Archibooks).
    Inscriptions : confifm@ifm-paris.com
    Entrée 5 euros (gratuit pour les étudiants IFM).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :