Dito From Scratch

Initié en 2006, le collectif Dito réunit dix designers ayant l’ambition de mettre à plat une méthode de travail collégiale et ouverte, dans laquelle le dialogue, l’échange et le partage sont privilégiés. L’exposition « Dito From Scratch », présentée à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 6 mars 2010 à Paris, dans les murs du Lieu du design, témoigne de cette expérience. Retour en images sur leur travail.

Les objets présentés:

En image d’introduction, vous avez découvert Mawou, une plateforme à la fois canapé et tapis, traversée par des bandes en tension qui jouent en partie haute le rôle de dossier et au sol celui de motif.

Egalement présenté au Lieu du Design, Carata associe plusieurs contenants, simplement maintenus par un ou deux pieds. Isolément, ils ne tiennent pas debout, et c’est ensemble que ces différents modules trouvent leur sens.

Tel des icebergs, les objets de la série Klael possèdent une partie émergée et une autre immergée, non pas dans de l’eau mais dans une fine résille métallique.

Etagère souple se fixant au mur, Loutor possède également deux caissons plus rigides permettant de poser ou stocker des éléments.

Lurha est une étagère suspendue se jouant des équilibres. Accrochée en un point unique, au plafond, elle propose un ensemble de formes en tension, se stabilisant les unes les autres.

Molro regroupe un ensemble de tiges élancées aux traitements plastiques et usages divers (miroir, contenant, plateau…). Celles-ci sont assemblées dans un équilibre et une forme qui paraissent instables mais qui se révèle plutôt, à l’usage, polycentrés.

Volumineux mais légers, les Riliz sont des structures réalisées à partir de toile tendue sur une armature, et d’un ou plusieurs plateaux rigides qui viennent les trancher horizontalement.

Le projet Rokr, un peu mystérieux, met en tension différents éléments reliés par un ensemble de tiges métalliques. Différents rangements ou supports se dessinent ainsi, comme autant d’usages à inventer.

La lampe Sutfelu est perchée sur de fines jambes qui semblent avoir été dessinées par la partie haute de l’objet, qui aurait coulé jusqu’au sol.

Plus d’informations sur collectifdito.com.

—– Quelques détails sur la chronologie de ce projet —–

1. Une méthode et un « répertoire » communs (juin 2006 – septembre 2007)

Une fois le collectif constitué, Dito réfléchi dans un premier temps à l’élaboration d’un vocabulaire commun. Un répertoire de formes est ainsi créé, à partir d’images ou d’idées apportées par chacun, votées collectivement.

2. Des dessins… et un carnet de croquis (octobre 2007 – mars 2008)

À partir du répertoire de formes de base, les premiers croquis sont élaborés. Chacun s’empare du répertoire à sa manière, et les différentes propositions individuelles sont discutées collectivement. Les idées tournent, sont appropriées et poussées plus loin par les autres.

3. Les premiers choix (mars 2008-juin 2009)

Parmi cette accumulation de croquis, il faut désormais repérer les pistes les plus porteuses. La sélection s’opère démocratiquement: chacun indique ses projets préférés, et ceux en commun sont conservés. Les idées les plus intéressantes sont développées séparément par les différents membres de Dito, et discutées lors de réunions de travail. Parfois, elles passent d’un membre à l’autre.

4. Sélectionner, finaliser (juillet 2009 – janvier 2010)

Pour finaliser ses différentes pistes, Dito revient à une méthode de travail plus collective. Les projets retenus sont discutés et modifiés collectivement, lors de réunions de travail. Ils n’appartiennent alors plus à personne, et évoluent dans le champ des regards croisés des différents membres.

10 Réponses to “Dito From Scratch”

  1. maupado Says:

    Cette expérience collective passionne en ce qu’elle nous dit la jeunesse et l’ouverture de ses acteurs, qu’ils le soient ou non physiquement. La faculté d’oubli revendiquée est ici permanente et le presque rien dont chacun se souvient est le socle de toutes ces propositions. On ne sait pas très bien à quoi ça sert, bien sûr, mais on sait, et si on est un éditeur ou plus génériquement un donneur d’ordre, on devrait le savoir, que des créateurs capables de s’approprier aussi librement des questionnements collectifs doivent pouvoir répondre à n’importe laquelle des hypothèses.
    Reste que Dito a peu à faire de la technologie, et que son expérience est avant tout une aventure, une rêverie plastique.

  2. Prof Z Says:

    J’aime beaucoup le terme de « rêverie plastique »….
    Pour avoir collaboré avec des artistes et avec des designers, pour avoir fait de nombreux ping pong créatifs, j’ai l’impression d’une exploration à 360 °, de mise en forme de dessins, de sketches comme on peut en voir dans des ateliers de plasticiens… Elle me fait penser à ceux qui pensent qu’une oeuvre n’est jamais terminée et qui la laisse de morphing en morphing se transformer tous les jours sur leur écran d’ordinateur.
    Il y manque sans doute un axe de recherche, une unité, une direction artistique, des intentions et un vrai discours revendicatif . Ceux qui aiment les mots, les formules éclairantes comme Pierre Doze ou Maupado vont sans doute les aider à découvrir. Il est aussi possible de s’y perdre comme dans un un enrobage verbal , une érudition historique,conceptuelle,sémantique et sémiologique….donc dans un miroir aux alouettes textuel si le discours d’un maniaque textuel est copié collé sans être bien assimilé (ce qui demande une « deep attention » que les « digitals natives » de la « generation X » et « générationZ » ont en partie perdue)

    La France manque d’ expériences collectives . En général, elles finissent en peaux de chagrin tellement l’individualisme et le modèle starckien semblent dans l’adn national ( voir les Radi designers). Les hollandais, les anglais, les belges et les suisses mènent des expériences qui mixent l’individuel et le collectif par la mutualisation de moyens et par la fertilisation croisés des expériences qui tirent vers le haut chaque membre…
    On voit naître ici et là des collaborations éphémères qui servent à ajouter à son moi, à son égo des connaissances, des expériences, des expertises pour ensuite les amalgamer à sa signature ,oublier le co-designer et se les faire attribuer par la presse et par le public dans des mécanismes d’attribution connus depuis la Renaissance ou Le Corbusier
    PS:  »  » = operateur booléen en anglais pour ouvrir à une recherche plus vaste

  3. Prof Z Says:

    Une exploration plus large de Mawou ( nom?)devrait aboutir à une édition rapidement .
    Il faut simplement montrer le potentiel d’évolution et le potentiel co créatif
    ( interaction designer utilisateur) de ce projet que je voit très bien chez Casamania ou Cappellini ou Moroso….ou Moooi

  4. Prof Z Says:

    « machina sofa » = machine à pasta , tagliatelle tagliare de tapis, sofa tagliare, sofa carpet Taglia

  5. Prof Z Says:

    Je corrige et complète mes commentaires
    Je pense qu’ Andrea Branzi est celui qui peut ouvrir leur champ créatif ou du moins la perception de leur territoire créatif http://www.liberation.fr/next/0101491165-andrea-branzi-en-vases-eclos

    J’ai trouvé plusieurs idées brillantes (selon moi)
    -du carpet sofa tagliare (de tagliatelle), On passe entre Ron Arad , Pierre Charpin et les Bouroullec
    -du plateau suspendu à une table qui pourrait être développé dans une approche éditoriale d’industrie raisonnée et non intégré dans une oeuvre en série trop limitée à 6 ex . On passe au large de Gils Bakker
    -concept iceberg qui navigue entre Big Game et Jaime Hayon mais qui pourrait facilement s’affranchir de ses cousinages par une exploration du concept.
    -concept de monolithe à plateau… on passe loin des paysages de table de Normal Studio
    – les coulures, les cages ont déjà été très exploitées de même que les multi boites sur pieds colorés, installation, scénographie et meuble de Hi Crasset

  6. candyves Says:

    A l’image de la série Klael, Dito nous laisse entrevoir la partie immergé de leur travail, les idées nous apparaissent brutes, intactes, originelles, intimes. La nature, l’art contemporain, les gens, les mots, sont les matières première du designer, Dito y ajoute sa matière grise et nous livre un concentré, on se sent privilégié, merci pour les confidences…

  7. Prof Z Says:

    En examinant quelques dessins c’est Pierre Charpin qui me paraît le plus proche .Cette influence a été repérée également par Anne Marie Fèvre de Liberation Next

    http://www.maison.com/design/portraits/10-jeunes-designers-dito-528/galerie/3219/

  8. Prof Z Says:

    L’étude d’une pratique ceteris paribus permet de déterminer l’influence précise de cette pratique et de s’abstraire des autres changements qui auraient pu être mis en place simultanément. Pourquoi une table est ronde? Ce projet entre il dans le champ du lieu du design? Ces projets sont il viables pour des entreprises franciliennes ? pour le VIA?pour Miami Basel? pour Kreo?
    En 4 ans? Sans contraintes ?à partir de rien ? pour explorer d’autres pistes que leurs chemins personnels? On aboutit à une redite (dito) de ce que certains ont déjà dit pour eux ou pour les autres. Anne Marie Fèvre termine son article par « Pas encore complètement aboutis, Pas encore délivré d’influences comme celle de Pierre Charpin ou de Matt Sindall.  » Je n’avais pas compris cette phrase avant de voir que les « 2 fondateurs », ceux qui sont allé chercher le prix Agora sont les 2 assistants de Pierre et Matt.
    Sans leader apparent? Il en ressort 4, 5 designers … dont un dont je n’avais pas compris la sélection dans les 10 designers de Maison et Objets… et 2 qui travaillent ensemble et déclinent ? enrichissent? des projets déjà exposés.
    Aujourd’hui, plus que jamais, il faut changer le monde. C’est une opportunité
    qu’ ont laissé les traders de Wall Steet et de la City à la génération X, Y, …Z.
    Que disent ils des enjeux ? Des dessins coloriés sur les murs ?
    J’espère bien en jetant quelques pierres réveiller la critique de commentateurs qui souvent s’auto défendent cachés derrière un pseudo dédié ou d’un gravatar de contributeur qui se cache derrière sa main pour en faire l’éloge? En parcourant tous les portfolios des 10 sur le net , il y avait pourtant des projets à développer pour l’appel permanent ou pour le bureau d’un editeur milanais,bruxellois ou londonien…
    A vouloir créer sans contrainte, on triomphe sans gloire…car même le marché de l’art soit disant a des contraintes cachés …Que nous manque-t-il ? Que fare?
    Nous sommes dans l’economie de l’attention, dans l’economie de la contribution…
    Et Alors?

  9. aurore m Says:

    Cher Monsieur Prof Z

    Je trouve étrange cette déferlante de votre part à propos de Dito.
    Moi-même j’ai eu la chance lors du vernissage de me faire expliquer les projets par le collectif, ce qui ne semble pas être votre cas, et je trouve que vos remarques sont dévalorisantes et surtout méprisantes face au travail accompli.

    Si le principe d’avoir été inspiré par quelqu’un, professeur ou mentor, vous gène tant, alors sortez de l’anonymat une bonne fois pour toute et faites nous part de vos brillantes, et si originales observations. Il ne me semble pas nécessaire de faire le tour des blogs pour vous défouler. Peut-être est-ce la jalousie ?

    Le projet dito est intéressant et ambitieux. Le fait de n’avoir aucune démarche commerciale est des plus rafraîchissant dans ce monde guidé uniquement par l’argent. De plus je tiens à tirer mon chapeau à de jeunes gens qui ont su en 3 ans (a peu près), malgré leurs emplois (certes auprès de designers renommés, mais il faut bien commencer quelque part, et c’est un bon début), rester soudés et on su établir un catalogue de formes qui leur est propre.

    Mon cher Prof Z peut-être avez-vous des reproches à faire à la bourse Agora, qui si on vous écoute, à élu des élèves et non des créateur.

    Pour finir, nous pouvons saluer Dito, car depuis que la bourse Agora existe, c’est la première fois que l’on peu constater et apprécier le travail financé par cette bourse.

    Bien à vous

  10. Prof Z Says:

     » il faut avouer que les effets de surprise et contre-pieds, le staccato des messages et la saturation des canaux, aboutissent à imposer de l’homme une image d’autant plus obsessionnelle qu’elle devient finalement indiscernable… »
    Luc de Goustine…
    C’est la Sarckosite, une technique de com pour politique qui offre une grille de lecture à la Starckosite , une technique de com pour Star designer.
    Comment construire dans le contexte de l’économie de l’attention et de l’hyperconsommation décadende, une stratégie de communication et de notoriété quand les canaux de communication et de distribution sont saturés par des genius designers, des star designers ,des stars decorateurs , des starchitectes , des artistes designers, des fashion leaders et des peoples designers décorateurs Certainement pas en vase clos, certainement pas à prenant pour des modèles , des systèmes contextuels comme Droog , Eindhoven et Memphis….
    Cela laisse qu’un passage étroit pour les jeunes designers et les jeunes éditeurs. La moindre erreur stratégique et tactique est fatale….

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